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Côte d'Ivoire toujours sur la liste grise du GAFI : ce que confirme (enfin) la source officielle, et pourquoi août 2026 est décisif

En résumé

Dans sa liste des juridictions sous surveillance renforcée publiée le 19 juin 2026, le GAFI confirme que la Côte d'Ivoire y figure toujours et franchit une étape : l'organisme considère que le pays a « substantiellement complété » son plan d'action et qu'une évaluation sur place est désormais nécessaire pour vérifier que les réformes LCB-FT sont effectivement mises en œuvre et pérennisées. Cette visite est attendue au cours de l'été 2026, avant la prochaine plénière du GIABA à l'automne. Pour les établissements financiers opérant en Côte d'Ivoire, la vigilance renforcée reste de mise tant que le pays n'est pas formellement retiré de la liste.

Ce que dit la source officielle

Le Groupe d'action financière (GAFI) a publié le 19 juin 2026 sa liste actualisée des « juridictions sous surveillance renforcée » (*Jurisdictions under Increased Monitoring*). La Côte d'Ivoire y figure depuis la plénière d'octobre 2024, date à laquelle elle avait pris un engagement politique de haut niveau à travailler avec le GAFI et le GIABA (Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest) pour renforcer l'efficacité de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

La nouveauté de juin 2026 tient à la formulation retenue par le GAFI : l'organisme indique avoir fait une « détermination initiale » selon laquelle la Côte d'Ivoire a substantiellement complété son plan d'action, ce qui justifie une évaluation sur place pour vérifier que la mise en œuvre des réformes a bien commencé et qu'elle est soutenue dans la durée. C'est un changement de statut qualitatif par rapport aux communications précédentes, qui se limitaient à constater l'avancement du plan sans franchir cette étape procédurale.

Octobre 2024
Entrée sur la liste grise
19 juin 2026
Dernière confirmation GAFI
~22
Juridictions sous surveillance renforcée

Ce que signifie « substantiellement complété » — et ce que cela ne signifie pas

Dans la méthodologie du GAFI, une détermination de plan d'action « substantiellement complété » n'équivaut pas à une sortie de liste. Elle déclenche une phase de vérification terrain : une équipe d'évaluateurs se rend dans le pays pour confirmer que les textes adoptés sont appliqués — supervision effective des secteurs financier et non financier, mécanismes de coopération opérationnels entre la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), les autorités judiciaires et les régulateurs sectoriels, sanctions dissuasives en cas de manquement.

C'est cette distinction qui doit être expliquée sans ambiguïté aux directions conformité des groupes bancaires régionaux : l'annonce de juin 2026 est une étape positive dans le calendrier, pas une confirmation de retrait. Le retrait effectif de la liste grise ne peut intervenir qu'après la plénière du GAFI qui suit la visite sur place et sur la base d'un rapport favorable de cette mission — un calendrier qui, selon les indications publiques du GIABA, situe une décision possible à l'occasion de la plénière d'octobre 2026, sous réserve que la vérification terrain confirme les progrès déclarés.

La fenêtre d'évaluation sur place

Le GIABA a indiqué qu'une troisième évaluation de la Côte d'Ivoire était prévue au cours de l'été 2026, la mission sur place devant se tenir avant la plénière d'octobre 2026 du GAFI. À la date de rédaction, ni le GIABA ni le GAFI n'ont publié de communiqué fixant des dates précises et définitives pour cette visite ; ce point reste à confirmer auprès du GIABA et sera actualisé dès publication d'un communiqué officiel.

Attention

Les dates précises de la mission d'évaluation sur place n'ont pas été confirmées par une publication officielle du GIABA ou du GAFI au moment de la rédaction. Les établissements financiers ne doivent pas calibrer leur dispositif sur un calendrier non confirmé, mais sur le maintien de la vigilance renforcée tant que le pays reste listé.

Ce que cela signifie pour les établissements financiers

Pour les banques, établissements de monnaie électronique et institutions de microfinance opérant en Côte d'Ivoire — ou entretenant des relations de correspondant bancaire avec des contreparties ivoiriennes — le maintien sur la liste grise emporte des conséquences concrètes qui ne varient pas tant que le retrait formel n'est pas prononcé :

  • Diligences renforcées inchangées. Les obligations de vigilance renforcée au titre du dispositif LCB-FT (identification des bénéficiaires effectifs, examen renforcé des transactions, correspondant banking) restent pleinement applicables. Rien dans la communication du GAFI de juin 2026 ne les allège.
  • Anticipation de la communication réglementaire. Les établissements ont intérêt à préparer, dès maintenant, une mise à jour de leur cartographie des risques pays et de leurs procédures internes, afin de pouvoir réagir rapidement à l'issue de la visite d'évaluation — que celle-ci débouche sur une confirmation de sortie de liste ou sur un maintien assorti de nouvelles conditions.
  • Vigilance sur la communication commerciale. Une sortie de liste, si elle intervient, ne devra pas être présentée aux clients ou partenaires comme acquise avant la décision formelle de la plénière du GAFI. Le risque réputationnel d'une annonce prématurée pèse sur l'établissement qui la relaie.
  • Suivi des groupes régionaux. Les groupes bancaires présents dans plusieurs juridictions de l'UEMOA doivent distinguer le statut de la Côte d'Ivoire de celui des autres pays de la zone : au moment de la rédaction, aucun autre État membre de l'UEMOA ne fait l'objet d'une procédure de sortie de liste grise en parallèle.
Point clé

Rien ne change dans les obligations de vigilance renforcée applicables aux établissements financiers tant que la Côte d'Ivoire n'a pas formellement quitté la liste grise du GAFI. La détermination de juin 2026 ouvre une phase de vérification sur place — elle n'emporte, en elle-même, aucun allègement réglementaire.

Ce qu'il faut surveiller dans les prochaines semaines

Trois échéances méritent un suivi actif de la part des équipes conformité :

  1. La publication par le GIABA d'un communiqué confirmant les dates de la mission d'évaluation sur place.
  2. Le rapport de mission et ses conclusions, qui conditionneront la position ivoirienne à l'ordre du jour de la plénière du GAFI d'octobre 2026.
  3. La communication éventuelle des autorités ivoiriennes (CENTIF, Commission bancaire de l'UMOA) accompagnant cette échéance.

Ōri Advisory suivra ces publications et actualisera cette analyse dès qu'une source officielle confirmera un calendrier ou une décision.

Sources & références
  • GAFI, *Jurisdictions under Increased Monitoring – 19 June 2026*, publié le 19/06/2026 : https://www.fatf-gafi.org/en/publications/High-risk-and-other-monitored-jurisdictions/increased-monitoring-june-2026.html
  • GAFI, fiche pays Côte d'Ivoire (statut et historique de la procédure depuis octobre 2024) : https://www.fatf-gafi.org/en/countries/detail/C-te-d-Ivoire.html
  • GIABA — communications publiques relatives à la troisième évaluation de la Côte d'Ivoire et au calendrier d'une éventuelle sortie de liste (plénière d'octobre 2026) : https://www.giaba.org
  • Les dates précises de la mission d'évaluation sur place (été 2026) n'ont pas pu être confirmées par un communiqué officiel du GIABA au moment de la rédaction — à vérifier avant toute communication commerciale sur ce point.

Sources consultées le 21/08/2026.

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